jeudi 23 juillet 2015

Attention à la colère de Zeus !


Dernières bonnes feuilles de "Peut-on réenchanter la France ?" publié chez Via Romana et qu'il ne vous reste plus qu'à acheter pour lire la suite !

Ne nous dissimulons pas que nous vivons actuellement dans une France déboussolée, économiquement fatiguée, psychologiquement fragile et surtout moralement dérégulée.
Un battement d’aile de papillon peut entraîner un typhon à l’autre bout du monde stipule la théorie mathématique du chaos. Nous l’avons vérifié expérimentalement après mai 68 !
Quant on pense que ces évènements ont été déclenchés, à Nanterre, par le désir manifesté par quelques garçons de pouvoir accéder aux dortoirs des filles et que l’on constate aujourd’hui le bouleversement social et le désert moral que cela a créé dans le pays, on est abasourdi.
Par orgueil prométhéen, nous avons laissé s’installer une grave crise morale, qui entraîne un laxisme généralisé et un vide spirituel. L’ordre moral faisait peur aux libertins qui l’ont détruit. Les attaques répétées sur les valeurs traditionnelles, sur l’autorité nécessaire, sur les règles civiques, sur les piliers moraux de la société (que les « hussards noirs », ces instituteurs laïques de jadis, expliquaient et enseignaient scrupuleusement aux enfants) ont engendré un déficit grave et durable de morale dans notre société. Peu à peu toute la structure spirituelle, morale et religieuse, puis culturelle, intellectuelle et comportementale du pays a été ébranlée et toute l’architecture sociale s’est fragilisée dans un brouhaha cacophonique pour devenir instable et dangereuse.


On ne peut pas imaginer qu’un héros de la mythologie grecque puisse survivre quelques minutes dans le monde contemporain A l’évidence, il s’émerveillerait du progrès technique et du confort matériel ambiant mais il serait surpris que la sécurité des personnes et des biens ne soit plus assurée dans les villes, que les attaques soient lâches et dirigées sur les faibles et surtout il serait asphyxié dans notre atmosphère sans courage, sans héroïsme, sans honneur, sans dignité, sans fierté, sans le moindre respect du travail de nos ancêtres, sans interventions divines…intempestives. Il trouverait notre monde petit, mesquin, sans ambition, fade et désespérant.
Phèdre ou Ajax ne se seraient jamais suicidés à notre époque. Ils auraient seulement plaidé coupables et, avec un bon avocat, s’en seraient tirés, grâce à la contrainte pénale, avec quelques mois de travaux d’intérêt général ! 
Aucune société n’a pu vivre harmonieusement sans principes, sans mythes fondateurs, sans légendes, sans racine, sans une identité qui se dégage au fil des générations, sans quelques garde-fous moraux et sans une autorité fondée sur le savoir ! Aucune société ne peut vivre longtemps sans enthousiasme, sans élan créateur, sans ambition autre que de voir des matchs de foutbol. Ce n’est pas l’ersatz de « religion démocratique, séculaire, autoritaire et universaliste », proposé par la Super Classe Mondiale et relayé en France par le révolutionnaire Peillon, qui va y arriver. Les indignations sélectives, la cupidité, l’égoïsme des zélites ainsi que la jungle de règlements, de lois liberticides et de fêtes de commémoration d’évènements soigneusement choisis disqualifient notre système politique et social actuel pour réenchanter le moral des Français. Les tragédies grecques proposaient mieux aux citoyens libres d’Athènes et suscitent toujours beaucoup d’intérêt vingt cinq siècles plus tard.
Par contre, il y a peu de chances que l’on se souvienne encore de Hollande ou de Sarkozy dans 2500 ans, mais ne mettons pas tout sur le dos de nos zélites défaillantes.

Nous, le peuple de France, sommes aussi responsables de ce qui nous arrive et devrons changer beaucoup en nous pour espérer un renouveau national.
Permettez-moi, estimé lecteur, de me répéter pour conclure sur notre nécessaire changement intrinsèque. Il est inutile de se dissimuler derrière des boucs émissaires. On a les dirigeants que l’on mérite puisqu’on les choisit. Chacun d’entre nous est devenu réticent à l’égard de toute réforme qui pourrait le concerner ; des syndicats squelettiques résistent à toute amélioration dès qu’elle touche aux avantages acquis ; la France est devenue maintenant ingouvernable et irréformable. Le renouveau ne peut venir que des entrailles du peuple au prix d’un effort considérable de changement et d’une chirurgie réparatrice des structures sociales.

Mais nos générations sont progressivement devenues jouisseuses, individualistes et relativistes. Elles ont manifesté une tolérance béate pendant longtemps pour tout ce qui nous était étranger en oubliant notre passé pourtant exceptionnel et même en le critiquant outrageusement. L’histoire nous jugera comme des faibles, des repentants, des consentants à la culpabilité, des vaincus, des « lousers » !
Puis la cupidité, la perte du goût de l’effort et l’égoïsme matérialiste ont pris le dessus et nous n’avons fait preuve ni de courage, ni d’esprit critique, ni de volonté. Nous n’avons manifesté aucune clairvoyance quand nous nous vautrions dans le confort matériel et la surconsommation.
Nous avons laissé faire avec indifférence.
Nous avons profité, sans nous en rendre compte, d’avantages que nous devions au travail et aux principes moraux de nos prédécesseurs, nos ancêtres, et que nous n’avons su ni conserver, ni transmettre à notre rare descendance. Espérons que nos jeunes pousses relèveront l’immense défi que nous leur laissons et qu’ils éviteront de devenir ce que redoutait Tocqueville : « une foule innombrable d’hommes semblables et égaux qui tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs dont ils emplissent leur âme. »


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